Blason, logo héréditaire

Le blason, un logo héréditaire

Introduction / 26 décembre 2025

Bien avant les marques et les identités visuelles d’entreprise, les armoiries remplissaient déjà cette fonction : identifier clairement une personne, une famille ou une communauté.
On pourrait les qualifier de « logos avant l’heure » — à une différence essentielle près.

Logo ou blason : le rapport au temps

Dans Le Blason, votre logo héréditaire (1989), Jean-Paul Fernon met en lumière ce qui distingue fondamentalement le blason du logo : leur rapport au temps.
Un logo évolue au rythme des tendances. Il se modernise, se simplifie, se redessine pour rester dans l’air du temps. Il appartient au monde de l’instant.
Le blason, lui, est conçu pour durer.
Il traverse les générations.
Il s’inscrit dans la continuité.
Là où le logo s’adapte à l’époque, le blason construit une mémoire.

Un droit ouvert à tous

Contrairement à une idée reçue, les armoiries ne sont pas réservées à une élite. Elles ne sont plus, depuis longtemps, l’apanage de la noblesse ou d’une classe sociale particulière. Dans la préface de l’ouvrage de Jean-Paul Fernon, Louis de Cartain le rappelle clairement :
« Le droit à des armes appartient à tous. Rois et paysans, seigneurs, bourgeois et artisans, hommes de loi ou de lettres, corporations et associations ont possédé, possèdent ou peuvent posséder les leurs. »
Autrement dit : chacun peut créer et porter ses propres armoiries.

La langue du blason : l’héraldique

Un point essentiel mérite d’être clarifié : le blason n’est pas le dessin.
Le blason est la description en langue héraldique. Un logo se regarde. Des armoiries se blasonnent.
Et c’est cette description qui garantit leur permanence.
Le style graphique peut évoluer selon les artistes ou les époques. Mais tant que le blasonnement reste identique, les armoiries demeurent les mêmes.
C’est là toute leur force : une identité stable, indépendante des modes graphiques.

Des règles simples

Pour être reconnu comme blason, le dessin doit respecter les règles de l’héraldique. Elles sont peu nombreuses, mais d’une rigueur étonnante.
Cette simplicité structurée permet une infinité de combinaisons, tout en assurant clarté et cohérence.

Un cadre juridique

Les armoiries sont juridiquement assimilées au nom de famille. En France comme ailleurs, leur port est libre et licite. En revanche, l’usurpation des armes d’autrui est interdite.
En l’absence d’autorité héraldique officielle, « officialiser » ses armoiries repose aujourd’hui sur leur usage : les utiliser publiquement, les publier ou les enregistrer auprès d’associations spécialisées afin de pouvoir en prouver l’antériorité en cas de litige — situation rare, mais possible.

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